Ingrid Bétancourt est libre. Depuis hier soir et cette annonce, les images tournent en boucle à la télé, les commentaires aussi à la radio.
Il y a évidemment cette image que l'on attendait: celle de l'ex-otage descendant de l'avion en treillis. Les traits tirés, un peu vieillie mais si rayonnante.
Et cette sérénité..impressionnante! Sa foi en Dieu, c'est une certitude mais sa foi aussi en l'humanité. Les remerciements pour ceux qui l'entourent, Nicolas Sarkozy, sans oublier Jacques Chirac et son ami Dominique de Villepin. Un discours clair, calme, posé. Pas de rancoeur.
L'image de Florence Aubenas me revient en mémoire. Ce sourire. Des femmes marquées mais transcendées. Belles et même plus.
On ne sort pas indemne d'années de captivité mais à voir Ingrid Bétancourt, on comprend tout simplement qu'une telle épreuve n'a fait que la renforcer dans ses convictions. L'humanité dans toute sa splendeur.
Il y a évidemment les "à-cotés". Une libération à la James Bond. Agents secrets and co. Un mois et demi d'infiltration des FARC pour faire croire à un faux ordre de transfert et l'hélicoptère de l'armée qui finalement emmène les otages vers leur liberté.
Il y a la satisfaction de Nicolas Sarkozy. La fin de la captivité d'Ingrid Betancourt, il en avait fait une priorité. L'hommage appuyé au président colombien Alvaro Uribe qui a su montrer son poids politique. L'armée a été là quand il le fallait. Sans bain de sang. Ca en bouche un coin à toutes les mauvaises langues.
Il y a les inévitables interrogations autour de l'état de santé de l'ex candidate. Il y a quelques mois, on la disait mourante, on la pensait même morte. La photo de cette femme amaigrie et prostrée. Et l'appel à l'aide. Et hier, cette image si rassurante. Mais finalement, qu'importe!
Ingrid Bétancourt pendant 6 ans a fait un peu partie de notre vie. Il suffisait de lever la tête en passant devant une mairie pour songer à elle. A son combat. Elle a pris une autre dimension.
Car nous sommes tous un peu des Ingrid Bétancourt. A notre manière, bien sûr. Et dans une autre mesure. Otages de nos ambitions, de nos quasi-certitudes, du regard des autres et de nos frustrations. Prisonniers de nous-même. Sa libération, c'est un peu aussi la nôtre. Un écho du bien-fondé de l'existence. On admire ceux qui vont au-delà d'eux-mêmes.
Quand j'ai vu cette femme, je n'ai pensé qu'à une chose. Elle va retrouver sa famille..et ses enfants. Qui se sont tant battus pour elle. A qui elle a transmis sa force.
Les liens du sang et de l'amour, plus fort que toutes les chaînes. Et cette chaleur. Ca remet les pendules à l'heure.
Y'a pas à dire, "la vraie vie est ailleurs".