Mal de mère
: Ajouté le 9/5/2008 à 09:10 PM
Il y avait Hervé Bazin et Folcoche. Aujourd'hui il y a Michel Houellebecq et Lucie. Une relation de haine mère-fils étalée aux yeux de tous.
Certains diront que de toute façon, là où passe Houellebecq, le scandale n'est pas loin. Mais cette fois-ci, il l'alimente à ses dépens. La mère répond au fils dans une biographie sans détour, 400 pages, "l'Innocente". Un titre volontairement provocateur. Ces deux- là ne s'aiment pas mais se ressemblent.
Dans les "Particules élementaires", pour Houellebecq, c'était une hippie à la dérive. Baba cool avant l'heure, c'est sûr, elle ne le cache pas. Cheveux teints en roux et ramenés en natte sur la tête, bandeau vert et gros chandail coloré. A 83 ans, Lucie Ceccaldi ne veut pas qu'on lui dicte sa loi. Elle fume, oui et alors? Elle aime fredonner Mick Jagger et Léonard Cohen, ça vous dérange?
Et traiter son fils de petit con, c'est normal, non?
Elle aura mis 10 ans à concocter sa vengeance, un plat qu'elle savoure donc bien froid. Une femme atypique qui a dû-même absente- en faire baver des ronds de chapeaux à Michel. Morceau de choix pour les psychanalystes qui voient sans souci dans les névroses de l'écrivain les félures de l'enfance. Militante communiste, médecin, Lucie Ceccaldi avait préféré confier son fils à sa belle-mère pour aller sillonner l’Inde et l’Afrique. L'amour maternel, connait pas. "Tout ça c'est des mots." affirme sans se démonter Lucile. "Si je m'étais occupée de lui, qui sait ce qu'il serait devenu ? Je lui aurais communiqué mes problèmes. Peut-être aurait-il été un enfant paumé..."Oser dire tout haut ce que beaucoup de femmes peut-être ressentent. Pas facile d'aimer même la chair de sa chair. Pas facile de faire abstraction de soi.
Lucie multiplie les interviews en ce moment. Si j'avais su ...aime-t-elle à préciser. Mère pas idéale, elle se défend de régler ses comptes. Son livre n'est pas un brulôt contre son fils mais la postface a de quoi alimenter la polémique.
“Mon fils, qu’il aille se faire foutre par qui il veut avec qui il veut, qu’il refasse un bouquin, j’en ai rien à cirer. Mais si par malheur, il remet mon nom sur un truc, il va se prendre un coup de canne dans la tronche, ça lui coupera toutes les dents, ça, c’est sûr !” Ca fait mal. Michel Houellebecq lui reste silencieux.
"Merci, ma mère. Grâce à vous je suis celui qui marche, une vipère au poing." pourrait-il dire..Décidement il ne cesse de s'étendre, le domaine de la lutte.
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